
La salle dans la pénombre. Sur scène : un piano, l'orchestre tout autour, l'homme en noir arrive par pas feutrés, salue et
s'assied. Les applaudissements cessent. Respiration, silence. La musique peut commencer. Cet homme, soliste et chef d'orchestre, avait lors de son intégrale des concertos pour piano de
Mozart dans cette même salle, conquis le public
genevois. Toujours la même tenue, l'élégance intacte, la chemise noire ample et longue afin d'accentuer l'aisance, le temps n'a-t-il pas de prise sur Christian
Zacharias (sans jeu de mot avec "
Die Uhr", nom donné à la symphonie jouée en seconde partie jeudi soir au Victoria Hall) ? Depuis lors, Christian
Zacharias est resté un peu l'enfant chéri ; la salle fait bon accueil à la première partie du concert (
Bach et
Scarlatti). De mon côté je savoure pleinement ces retrouvailles. Cependant,
Haydn et le mystère du 1
er mouvement de la symphonie no 101 me bouleverse. Ce
soir-là, j'imagine même que ce thème musical pourrait servir à un dénouement
shakespearien !!!