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dimanche, 8 février 2009

La pénultième

La pénultième représentation. Pas encore la nostalgie de la dernière... Un peu comme en football, le dernier quart d'heure gagne en intensité. Eh bien, hier soir j'en ai eu une preuve tangible : il faut laisser mûrir un spectacle afin qu'il explose.
Je l'ai déjà dit dans ces lignes et je le répète : revoir un spectacle est un luxe nécessaire. Il permet de prendre conscience de l'art éphémère qu'est le théâtre... Éphémère et surtout vivant. Fait de mots et de silence comme dans la pièce de Sarraute*, il évolue au fil des soirs. Hier, le travail des comédiens, précis comme des orfèvres, s'accomplit en laissant à l'humour sa juste place... Les tensions entre H1 et H2 sont plus radicales. La salle est réceptive : on rit. Pourtant tout semble cette fois irrémédiable entre les deux hommes. Il y a trois semaines, on pouvait douter : rompreront-ils vraiment pour de bon ? Hier, la réponse était oui.



Les comédiens sont des équilibristes. On retient son souffle jusqu'aux derniers oui-non...

* Mauro Bellucci, Valentin Rossier, Pascale Vachoux et Thierry Jorand.

Et, au risque de lasser les fidèles,
les libellés "Théâtre-Valentin"
seront quasi absents ces prochains mois,
jusqu'au dénouement shakespearien,
cet automne à Carouge !

dimanche, 18 janvier 2009

A l'affiche



Le texte de Nathalie Sarraute était connu. Relu récemment, j'avais imaginé Mauro Bellucci dans le rôle de H1 et Valentin Rossier dans celui de H2 (voir ici). Et bien, surprise et comme s'en explique le metteur en scène* les rôles sont inversés !
L'espace est peint en bleu, nous sommes chez l'Homme 2**. Le différend entre les deux amis tient dans la suspension de trois points, un ton condescendant mis sur "ça" , après un lourd silence. Et tout le bonheur des spectateurs est de voir les deux comédiens*** qui excellent à donner corps au texte... "de l'or pur. Du diamant" brut sur scène pour reprendre les mots de la dramaturge !

* "Pour H1 et H2, la question était plutôt de savoir qui interpréterait quoi. Pour finir nous avons fait le contraire de ce qui semblait s'imposer au départ. Mais je reste convaincu, encore aujourd'hui, que la situation idéale aurait été de changer chaque soir !" Belle idée qui restera dans l'imagination de chaque spectateur...
Dossier pédagogique du Théâtre en cavale
** Schubert et l'Andantino de la sonate 959 semblent nous rappeler qu'il y a "Péril en la demeure"... (film de Michel Deville, sorti en 1985, d'après un roman de René Belleto Sur la terre comme au ciel). A écouter ici !
***
rejoints sur scène de manière efficace en vidéo par Pascale Vachoud et Thierry Morand (F et H3)