samedi, 23 février 2008

Jour J-31



Instantanés du 22 février, en haut de la Treille. Le compte à rebours pour le printemps semble commencé. Un copain de Poisson-Chat et de Zorro miaule son plaisir de sortir, mais craintif, hésite à descendre dans le jardin... il fait si bon au soleil !

Tellement bon que les arbres s'étirent et grimpent sur les murs avoisinants.




Quant au marronnier officiel, celui qui dicte l'hiver et le printemps, il ne saurait mentir : les premiers bourgeons sont là !


mardi, 19 février 2008

Un être de papier



La salle dans le noir. Pas de décors. Deux comédiens. Elle, la mère (Valeria Bartolotto), qui interviendra en contrepoint des mots dits par le père (Pierre-Isaïe Duc).
Ce dernier, comédien sans artifice, se retrouve donc seul avec les mots de Philippe Forest.

Des mots qui vont essayer de comprendre. Des mots pour faire face l'innommable. On est prévenu avant d'arriver au théâtre sur le sujet de la pièce. Parler de l'Enfant éternel, c'est parler de celui qui va mourir. Philippe Forest a "fait de [sa] fille un être de papier" et il a fait confiance au metteur en scène Denis Maillefer pour voir ressurgir le passé sur scène. Exercice délicat comme une réécriture - ce que fait l'auteur de l'Enfant éternel à travers les livres qui ont suivi.

Et on est bouleversé par les chapitres articulés par le metteur en scène. Au son de la Fée Clochette, on tourne la page. On se rapproche de l’issue fatale. On passe des diagnostis médicaux sans appel à l’histoire de Petit Ours et de Boucle d’Or aux héros de Manga japonais. Le tout est ponctué par des extraits de Peter Pan lus par Joséphine Struba.

L'émotion est palpable, transmise par une interprétation impressionante de Pierre-Isaïe Duc, découvert hier soir. Palpable aussi à travers les spectateurs. Chacun à sa manière a dû entendre avec ce texte des échos d'expériences personnelles, des situations en "terrains connus".

Si le temps vous manque pour vous rendre au Poche, il faut lire le texte de Philippe Forest. Il commence par citer James Barrie, créateur de Peter Pan : "Two is the beginning of the end" (Deux est le commencement de la fin). A deux ans, l'enfant "sait déjà le tic-tac reptilien du temps".

Et l'auteur nous prend par la main et raconte.

Laisse-moi te dire à nouveau les mots par où commençaient nos histoires. Elles parlaient de géants et de fées, de pirates et d'Indiens, de lièvres et de lutins, de loups et de fillettes. La vraie vie est douce aux ogres plus qu'aux enfants [...]. Dans les marges des livres illustrés, indifférents aux mots dont nous nous rassurons ensemble, les démons comptent les heures et les sorcières préparent leur venin. Notre histoire est un conte semblable de terreur et de tendresse qui se dit à l'envers et commence par la fin : ils étaient mariés, ils vivaient heureux, ils avaient une enfant... Et tout commence encore, écoute-moi, puisqu'il était une fois..."*

* Philippe Forest : L'enfant éternel, Folio 3115, p. 14

lundi, 18 février 2008

En trompe-l'oeil



Ce n'est pas une photo de ce dernier week end... mais presque !
L'exposition d'Andreas Gursky au Kunstmuseaum de Bâle se termine dimanche prochain. Sobriété des salles du 3e étage du Musée. Besoin d'espace pour permettre aux images de respirer... et aux visiteurs de pouvoir s'éloigner ou se rapprocher des photographies au format gigantesque qui subliment le détail. Au fil des salles, le visiteur se prend au jeu : quelles sont les photos retravaillées à l'ordinateur et peaufinées pour finalement "tromper l'oeil" ? Lesquelles reflètent la réalité ? Et que penser ce monde contemporain que Gursky saisit au fil de ses voyages (aéroport de Frankfurt, stands de Grand prix de Formule 1 en Chine, fêtes populaires en Chine, façades de HLM, ...) ?



Plus loin encore, elles interpellent car elles basculent dans l'imaginaire, comme si dessus avec "Kamiokande" !


mercredi, 13 février 2008

Carcassonne

Le titre du jour peut évoquer la cité médiévale dans l'Aude, au Sud-ouest de la France (lointains souvenirs de journées froides et pluvieuses à Pâques...), un album de Stephan Eicher qui date de la même époque que mon séjour dans les contreforts des châteaux cathares...

ou, il peut s'agir de châteaux et d'abbayes, avec en prime des voleurs sur les chemins de traverses, des paysans qui nourrissent les chevaliers de cités fortifiées. Je veux parler de "Carcassonne", le jeu !



A chaque partie, les villes et les chemins se font (ou ne se font pas), les paysans dominent leur champs ou sont obligés de les partager avec d'autres, les abbayes sont désertées...
Même fourbus, après de longues journées de grand air, les yeux fatigués de lumière, on se concentre et on ruse pour essayer de battre l'adversaire !
Et on en redemande !

dimanche, 10 février 2008

Aux sources du Rhône (en images)

Partir se ressourcer dans le fin fond de la Vallée de Conches... raquettes aux pieds.
Le silence, le soleil et la neige pour terrain de jeux...





l'effort bien récompensé et...



le hasard décider des traces laissées derrière nous...

mardi, 29 janvier 2008

QUOI ! Un pont ?



"...ça n'est pas assez fort...euh... Bandits !... C'est ça... bandits ! Renégats ! Traîtres !... Cloportes !... Judas ! Naufrageurs !..."

Et les jurons pourraient continuer, tel un Capitaine Haddock furax !
Vendredi dernier, le Grand conseil genevois a débloqué 3,5 millions de francs pour une étude de projet de... traversée de la Rade !
Le Poisson-Chat panique, frissonne et est prêt à RE-ssortir les griffes pour défendre son espace vital.
Respirer à pleins poumons l'air du large, laisser le regard se perdre dans l'horizon à peine perceptible, tant le lac Léman, un jour d'hiver, séduit par la poésie et la palette ses couleurs intenses !
Hier, au pied du phare, le paysage offre un spectacle à portée de tous les regards pour qui sait s'arrêter un instant...
Et l'on vaudrait pour répondre à l'augmentation de trafic prévue d'ici 2020 (+ 40%...) construire un pont qui ne changera rien aux problèmes et qui sera à l'encontre des promesses de développement durable visant à réduire les émissions de CO2...

Au-delà du paysage dénaturé si un tel ouvrage fait surface un jour, faut-il continuer à répondre à la demande croissante des flux automobiles ? Faut-il trouver d'autres alternatives satisfaisant les besoins de chacun, mais en préservant l'avenir des générations futures ?
Les questions demeurent à propos de ce sujet en forme de "serpent de mer" ! Heureusement, les finances du canton n'ont pas encore trouvé les 3 milliards nécessaires à l'ouvrage.
Et Poisson-Chat ne fait pas encore de cauchemars...

mercredi, 23 janvier 2008

Un toit

L'air printanier des milieux de journée fait oublier les températures négatives des nuits. Réalité pour la plupart d'entre nous, un toit est là pour nous abriter, un chez-soi pour nous accueillir chaque soir.
Ce matin, en quittant l'immeuble des Acacias - rêvassant à cette aubaine de quitter le quartier des Acacias, pour venir habiter la maison presque centenaire des Acacias... - j'ai croisé un homme qui avait dû passer la nuit dans le parc.
Nuit à la belle étoile, bercé par le clapotis du lac, les canards comme compagnons et pour seuls bagages un petit sac à dos et un cabas - cela pourrait sembler presque romantique si on était au mois de juin... -. Aujourd'hui, l'heure est à la détresse. L'homme est plus jeune que moi, habitué au quartier : je me souviens de l'avoir croisé durant l'été. Il arpentait alors La Perle du lac, comme un touriste pourrait le faire profitant du soleil et de la chaleur !

Ce matin, le visage à moitié caché par son capuchon ne m'a pas permise de croiser longtemps son regard. C'était sans voyeurisme. Juste interrogatif. L'équilibre rompu, mis en marge de la société, quel incident a fait office de bascule ? Ce soir, la lune éclaire le parc mais ne m'apportera aucune réponse...


jeudi, 10 janvier 2008

Pensées pour L. H.

Journée remplie de pensées pour Ludwig Hohl. Espace, eau et montagne comme terrain de prédilection, comme moments de contemplation. J'aime cet écrivain. Ce matin, sur le chemin pour me rendre au centre ville, l'aube si claire sous les dernières étoiles, la dentelles des montagnes se découpant dans le ciel, le froid et l'odeur du lac m'ont fait pensé à l'écrivain suisse-alémanique, arrivé à Genève en 1937, ville qu'il a gardée pour "résidence" jusqu'à sa mort en 1980. Ce matin, il se serait arrêté pour regarder le soleil se lever à droite du Mont-Blanc. Je n'eus pas cette opportunité-là, mais j'ai rendu hommage à l'écrivain pendant ma pause de midi. Cimetière de Rois, entre ombre et lumière, la tombe discrète de Ludwig Hohl... à une enjambée de celle d'Alice Rivaz !


mercredi, 9 janvier 2008

Rideau rouge

Rideau rouge pour la rentrée théâtrale.
Vacances au Poche, Salomé à la Comédie, L'enfant éternel à Vidy (puis au Poche), Wet au Grü, Molière ou la cabale des dévots à Carouge. Acteurs d'ici, accueils de troupes d'ailleurs ; découvertes !
Aujourd'hui, reprise de deux compères genevois sur les scènes françaises avec Brecht. Ziffel et Kalle sur les planches du Théâtre de la Croix-Rousse à Lyon dès ce soir, puis sur celles de Chambéry, Paris ou Bruxelles. Les Genevois qui n'ont pas vu le spectacle en automne 2005 à Vidy peuvent déjà agender Dialogues d'exilés programmé au Théâtre de Saint-Gervais dès le 22 mai prochain et jusqu'au 6 juin. Et pour les inconditionnels, il n'est pas interdit de re-revoir les excellents Jean-Quentin Châtelain et Valentin Rossier.


mardi, 8 janvier 2008

Into the wild



Alors que mes dernières lectures ont eu pour thème le voyage (entre autres l'excellente Théorie du voyage : poétique de la géographie par Michel Onfray), Into the wild, titre du dernier film de Sean Penn, sort demain sur les écrans.
Le réalisateur s'est basé sur une histoire vraie après lecture du récit du journaliste Jon Krakauer. Le livre relante un fait divers du début des années nonante. Traversée de l'Amérique de part en part jusqu'en Alaska. Coup de foudre du réalisateur pour le livre et vraie nécessité de le porter à l'écran. D'éprouver la nature.
Réjouissance donc pour les cinéphiles avides d'aventures...


Emile Hirsch dans le rôle de Chris