jeudi, 19 juillet 2007

A lui tous les honneurs

Quand je m’éloigne pour quelques jours, parfois quelques semaines, mon premier réflexe au retour, c'est lui ! En voyage, parfois je considère l’endroit où j’ai fait halte : oui, je pourrais y vivre : Lyon, Copenhague, Zuoz, Poët-Laval, Rennes… ! Ecléctisme des lieux et des humeurs ("é-clec-tis-me", quel vilain mot...)*

Et puis, réflexion faite, sa présence (si évidente aujourd'hui, toujours à portée de mains- à portée de nage devrais-je dire -, sous les yeux de manière incessante) me manquerait. Une ville sans lac, malgré tous ses attraits, serait amputée d'une présence.

Le Léman, fidèle à chaque saison, mais jamais le même, infini de nuances (les navigateurs et les marins d'eau douce vous le confirmeront) est source de plaisir !

Et vous, de puis combien de temps n'en avez-vous pas profité ? Un jour ? Trois jours ? Deux semaines ? Un mois ? Horreur, cessez votre lecture et courrez lui dire un petit bonjour, la porte de la plage est ouverte !

* en clin d'oeil au sketch de Pierre Aucaigne sur le metteur en scène vu récemment au Festival de la Cité




lundi, 16 juillet 2007

Petit jeu


Retour de l'été. Journées de rêve pour autant que les activités soient douces, nuits sans lune et milliers d'étoiles présentes au-dessus de nos têtes rêvantes, dormantes...
Quand je lève la tête pour contempler le ciel, de manière tout à fait instinctive, j'en compte sept.
"Sept étoiles, sept soirs de suite et le voeu se réalise". Mon père nous avait appris ce petit jeu un soir d'été sur une plage bretonne. Pris très au sérieux, la compétition avec mon frère se faisait rude. Au petit-déjeuner, chacun à notre tour on demandait : "Alors hier soir, tu y as pensé ?". Visage déconfit ou ravi selon la réponse... Si on avait oublié, il fallait recommencer à zéro, et le soir suivant, les nuages venaient troubler la partie ! Apprendre à patienter pour le retour du beau.

Dans un demi-sommeil, je me suis mise cette nuit à la fenêtre, juste pour vérifier si le lac restait lisse et noire, tout serti de lumière sur l'autre rive, comme autant de petits diamants. Levant la tête, j'ai compté, sourire aux lèvres. Le vin de la soirée m'avait fait oublié "le" jeu. Il me reste trois soirs sur les sept demandés... et j'ignore tout de la météo de ces prochains soirs. Mais au fait : quel est mon voeu ?

jeudi, 28 juin 2007

Bulles de savon

Légèreté, le mot de la journée de hier.
Pause dans les utlimes préparatifs. Elle se concrétise par un moment chaleureux avec une amie et son fils - mon filleul - pour un repas dans un resto carougeois donnant sur les activités de la Place : c'était mercredi, jour de marché ! Et mon filleul se réjouit des vacances.
Légèreté ensuite car je me suis défaite de quelques kilos de littérature... offert à un vieux complice du Point du Jour (ex Chouette de Minerve pour ceux qui se souviennent de l'échoppe Rue de Carouge).
Légèreté toujours quand sortant du-dit commerce, j'eus juste le temps de me rendre à la Place Neuve. Rumeurs de fanfares, le cortège n'est pas loin. J'attends donc les premiers enfants aux abords des Bastions. Les bulles de savon virevoltent sous la lumière, brillantes comme les yeux des enfants, au seuil des longues semaines de vacances... Ils ont l'éternité de l'été devant eux, ignorant tout de septembre...
Légèreté encore dans le moment partagé entre mon frère et ma voisine (pour quelques heures encore) autour d'une bouteille de Hautes Côtes de Nuits. Elle m'a prêté son tir-bouchon - horreur dans quel carton se planquent-ils les miens ! -, je l'ai conviée à un dernier moment entre voisins. Le vin a donné un ton joyeux, tournant le dos aux chagrins, aux soucis, nombreux à son âge vénérable de 85 ans... Contrastes de l'existence entre l'été insouciant des enfants et une voisine submergée par les souvenirs... Me voici coincée entre les deux : des souvenirs, de la légèreté, la mélancolie contrebalancée par les projets, hier esquivé pour demain !
La bulle de savon est éphémère. Elle est changeante, passe du rose au vert, s'élève soudain et disparaît sous un coup de vent !
Faire des bulles de savon : voilà qui repose l'esprit. On observe celle qui aura la plus longue vie, celle qui prend la forme la plus originale ou celle encore qui s'ornera de dégradés infinis. Jeu d'enfants, mais pas seulement... Sachons profiter de l'instant présent !

mercredi, 27 juin 2007

Deux couleurs : vert et rouge

Vert pour les plantes luxuriantes, rouge pour les fleurs de cana qui saluent le spectateur pendant l'entracte. Vert et rouge comme des roulottes de saltimbanques fraîchement repeintes...
Ce lieu semble bien paisible, caché à l'extrémité du parc La Grange. Si de l'autre côté des grilles, les serres des jardiniers de la ville s'étendent jusqu'au mur de Frontenex dans le silence, avec pour seule musique le vent dans les branches des arbres majestueux qui entourent le site, hier soir, c'était la fête aux rythmes dansants de la Fanfare du Loup ! Fête de l'inauguration de la 25e saison au Théâtre de l'Orangerie avec comme nouveau directeur Frédéric Polier. Trois roulottes rouges et vertes ont fait halte : celles qui ont abrité hier, les comédiens, les politiciens, amis et spectateurs!
Après deux ou trois verres de vin - rouge -, les visages connus qui passaient créaient un drôle de ballet aux personnages anachroniques. Oratio discute avec Shlomo, Hitler trinque avec Ulysse... ce qui permet de se rappeler tous les talents..., toutes les émotions de la saison écoulée ! Alors, soyez curieux, allez à l'Orangerie un soir où les rayons rasants sur la grande pelouse du parc vous souhaiteront la bienvenue dans ce lieu enchanteur !

samedi, 23 juin 2007

Estival

Rouge et vert sur les bancs du marché. C'est donc vraiment l'été. Les groseilles à maquereaux sont de retour pour le plaisir de desserts acidulés. Saveur au parfum d'autrefois. J'ai toujours associé ce fruit aux souvenirs d'une grand-mère et de ses confitures. Assise dans la cuisine, je la voyais devant un gros chaudron en cuivre. L'air était chargé de cette odeur sucrée et chaude des confitures qui bouillonnent...
Savoir-faire transmis à travers les générations. Aujourd'hui, c'est à moi de touiller, de me lécher les doigts, de coller une étiquette personnalisée de cet instant d'été qu'on retrouvera intact en ouvrant le pot pour un petit-déjeuner, alors que dehors la Bise décourage les promeneurs !

vendredi, 22 juin 2007

A tempo

Tic-tac, tic-tac, tic-tac, tic-tac...
Le balancier donne la cadence pour le jour le plus long de l'année. Adagio doppio !
De manière scientifique, le solstice d'été a eu lieu hier à 18h06.
Du point de vue du mélomane, la journée s'étire avant les réjouissances musicales des trois jours de Fête de la musique. Andante ritenuto !
Personnellement, la cadence va s'accélérer jusqu'à l'allegretto. Dernier jour de travail avant un long congé. Dossiers à classer, planifier le retour, ranger. Puis ce sera le tempo a piacere, celui des vacances!

mercredi, 20 juin 2007

Senteurs au coeur de la ville

Ingrédients pour une expérience de dépaysement en pleine ville.

Lieu : Place Neuve, aux abords du Conservatoire de Musique
Temps : aux premières heures de la journée, quand le soleil illumine encore, au lieu d'assommer
Action : marcher sur ledit trottoir, yeux mi-clos, poumons dilatés

C'est la Provence, la lavande est au maximum de sa floraison pour fêter l'été ; période de l'année où je modifie de quelques mètres mon parcours pour ce plaisir-là, tous les matins !

mardi, 19 juin 2007

La tente jaune















La tente jaune
Tamise la lumière
Atténue la chaleur
Les impatientes reconnaissantes
Les passiflores exubérantes.
Cette année :
Les fleurs remplacées par les cartons
A quelques jours de l'au revoir
Au quartier de mon enfance
- le rouge rénové de l'école
abrite les souvenirs de dessins, de cahiers,
et des récrés sans fin ...

lundi, 18 juin 2007

De si beaux titres

Les soirées chargées m'ont éloigné pour un temps de mes lectures. Et puis, un livre posé depuis quelques mois sur ma table de nuit me fais veiller tard, raccourcit mes nuits. Un livre à la couverture rouge et or : "Demain dans la bataille pense à moi" de Javier Marías. - Aparté : très beau titre... et petite pensée pour Michel Moret qui dans "Feuilles et racines" fait part de sa sensibilité à la formulation des titres. Il citait pour exemple le roman de Jens August Schade : "Des êtres se rencontrent et une douce musique s'élève dans leur coeur". Il va s'en dire qu'à cette lecture, je m'étais empressée de me procurer ce livre... -
Le roman de Marías commence fort. Le narrateur - visiteur impromptu, amant d'un soir - se retrouve dans l'appartement d'une femme qu'il connaît à peine et qui va mourir sous ses yeux.

"Il y a une part d'irréel dans ce qui m'est arrivé, et n'est d'ailleurs pas terminé, mais peut-être devrais-je employer un autre temps, celui que traditionnellement on réserve au récit, et dire ce qui m'arriva, même si ce n'est pas terminé. Je risque à présent, en le racontant, de me mettre à rire..."
Trois cent pages plus loin, l'intrigue n'a fait que s'intensifier en cercles excentriques, comme lors d'une de ses balades nocturnes dans les rues de Madrid ! "C'est alors que je me souvins..." nous écarte de l'action amorcée et Javier Marías utilise la digression avec art ! J'adore !
J'ai le même plaisir qu'à la lecture d'Un coeur si blanc, autre roman de l'écrivain madrilène, où les personnages ont des destins qui s'enchevêtrent dans une histoire où l'âme des personnages est décrit avec minutie, tel le chirurgien muni d'un scalpel. On croche, on dévore !
Bonne nouvelle : la deuxième partie de Ton visage demain vient de paraître en français et à pour titre : Danse et rêve...

dimanche, 10 juin 2007

En noir et blanc


Enfin. Le jour du rendez-vous est , attendu depuis les premiers beaux jours, attendu comme les premiers beaux jours !

C'était hier à l'Octogone de Pully. Le dernier soir de la tournée du printemps de Stephan Eicher. Scène en noir et blanc. Costume noir, guitare blanche, ombres chinoises, trompette, mandoline, percussion*... les titres récents - le concert débute par Weiss nid was es isch -, Confetti, et des plus anciennes : Chanson bleue, Cendrillon avant minuit (version andalouse...improvisée, chanson numéro treize de la soirée : "on ne sait jamais ce que l'on va jouer pour la numéro 13" !), Déjeuner en paix, ... En attendant l'Eldorado, le noir et le blanc demeurent, ensuite les deux réflecteurs noirs se couvriront d'or !
Stephan Eicher c'est comme un ami qu'on retrouve après une longue absence. Il m'accompagne depuis plus de quinze ans. Et certains souvenirs finissent par prendre une couleur intime au fil des années. Je me souviens d'un printemps pluvieux en avril 1994. Promenade sur les remparts de Carcassone, j'avais froid, ma vie prenant une tournure en noir et blanc...

Et les blessures se ferment
Et attendre n'est rien
Et les larmes sont vaines
Et c'est le même chemin

Rivière
n'a pas été chantée hier soir, mais déjà sur le chemin Non ci badar, guarda e passa en attendant notre prochain rendez-vous !

* musiciens complices : Reyn, Martin Wenk etToby Dammit qui vole parfois la vedette à Stephan derrière ses percussions !